wicked lands

these violent delights have violent ends

different kinds of soulmates + neige.


different kinds of

soulmates


Un jour creux. Un jour vide. De sens. D’envie. De vie. Un jour où son regard ne fait que se perdre sur les creux qui ornent ses paumes depuis plusieurs siècles. Sur ses phalanges manquantes. Sur ses éraflures le long de ses bras. Un jour où les fantômes se font nombreux, persistants, bruyants. Un jour où Moros se fait obstiné, railleur, vainqueur. Un jour où la mémoire flanche, se contente d’amener silhouette floue et lointaine, voix semblant venir du fond d’un puit, poussant des râles plus qu’elle ne prononce des mots. Un jour où Fantôme regrette sa presque immortalité. Un jour où il se contente de faire ce qu’on lui demande.

Alors il guide, Fantôme parmi les fantômes. Il marche, lentement, longuement, le tissu gris de son vêtement flottant autour de lui, bien lourd, tellement lourd, comparé à son armure adorée. Ce tissu rêche, qui racle, qui tire et qui s’accroche sur cette pierre proéminente sur son omoplate, telle une aile atrophiée. Et qui racle, et qui tire et qui s’accroche sur ses excroissances affreuses et toujours plus nombreuses. Il continue pourtant, de marcher, pieds nus blancs, entraperçus sous le pantalon trop long, au fin tissu de soie, seul tissu qui ne racle ne tire ne s’accroche sur sa pierre. Pieds nus où il manque quelques bouts d’orteils aussi.

Il guide, Fantôme, des fantômes, des esprits, des âmes perdues, que lui seul peut voir, du moins, il en vient à le croire. Ces fantômes qui crient, qui se lamentent, ou qui restent silencieux, trop tristes, trop mélancoliques, pour pouvoir émettre quelques sons venant d’une gorge translucide. Certains marchent à ses côtés, d’autres se sont accrochés sur son dos, d’autres encore semblent tenir sa tunique d’une main, comme trop effrayés pour s’éloigner. La plupart marchent ou flottent derrière lui, regardant autour d’eux, curieux ou peureux. Puis, les plus petites silhouettes du groupe, les plus frêles, les plus transparentes, aux contours biscornus, aux yeux disparates, aux membres bizarrement conçus, tiennent les mains épaisses, larges, longues, trouées, cassées, de ce Fantôme consistant. Elles ne semblent pas sentir la froideur de son corps, ne semblent pas s’étonner de ces doigts manquants, de ces paumes trouées, de ces tremblements. Elles lui tiennent la main, un doigt, une phalange, et le regarde avec de grands yeux aux paupières parfois manquantes, avec l’aide d’orbites vides, un grand sourire, bien souvent sans lippes, sur leurs visages pâles, confiants et sereins.
Il amène, Fantôme, ces pauvres esprits égarés, dans un lieu qui lui semble le plus approprié. Dans un lieu montré dans un rêve éveillé. Dans ce lieu qui semble tous les appeler, alors que les plus bruyants se taisent et les plus silencieux laissent passer gémissements et murmures. Dans ce lieu où lui-même espère pouvoir disparaître.

Et alors, qui les laisse s’envoler un à un, entre ces arcades blanches, fissurées par le temps, rongées par la nature qui reprend ses droits, qui gardent pourtant leur beauté d’antan, il voit, ou aspire à voir, cette vieille silhouette, cette silhouette reconnaissable entre toutes, aussi pâle que lui, aussi blanche que lui, aussi vieille que lui. Et dans un cri d’effroi, Fantôme s’imagine le voir s’envoler parmi ces autres pâles silhouettes. Et dans un cri d’effroi, Fantôme s’imagine que c’est lui qui l’a amené ici, caché parmi ces autres pâles silhouettes. Et dans un cri d’effroi, Fantôme fait se tourner vers lui cette silhouette qui lui ressemble tant et qui pourtant est toute aussi opposée à lui. Et dans un cri d’effroi, Fantôme se souvient.

Des coups. Des cris. Des lames. Des fragments éclatants. Des regards. Des mots. De la haine. De la fulgurance. De la violence. De ce corps en milles morceaux.

Et dans un cri d’effroi, Fantôme s’avance vers son jumeau.

Mémoire des aubes pâles, des matins pâles, tu me fait mal, quand tu ramènes vers moi, ceux qui ne sont plus là.
Pando
Jeu 23 Aoû - 21:46
fantôme
habitation :
Sud, près de la cascade. Le bruit de l’eau est la seule chose qui peut l’apaiser pendant ses longues nuits d’insomniaque.
affiliation :
Anké. Bras droit à Atropos. Supplications qui résonnent encore dans les murs. Genoux encore écorchés. Mains tremblantes et jointes. Besoin vital. Viscérale. De se rendre utile. De revêtir son armure. De repartir. D’être parmi ceux qu’on suit. De répondre à ce qui habite en lui. A cette destinée, cette fatalité et cette violence. Violence toutefois mise en laisse. Gardée profondément enfouie. Réponse positive. Place donnée. Place nouvelle. Cœur ; Gemme, allégée. Poids qui s’alourdit. Nuits de plus en plus blanche. Mais une nouvelle raison de vivre.
particularités :
Création double. Traits similaires, asiatiques et mélange européen incertain. Parenté de pierre. Liens éternels. Origines malgré tout brouillées, à peine ébauchées. Gemme trop présente dans cette apparence insipide et froide. 8 mohs. Dureté, force, résistance presque sure. Résistance bienvenue pour la plupart du temps. Résistance maudite quand vint le temps des doutes, de l’amertume et de la guerre fraternelle.
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kosmo

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Comme une expiation. À genoux dans le temple. Des prières pour ceux qui sont la raison de son existence. Des prières à ces divinités cruelles et justes à la fois. Des prières pour ceux qui étaient responsables de son existence. Créateurs encensés. Mais en même temps, ses prières qui se faisaient plus personnelles. Pénitence, des pardons pour ses souvenirs oubliés. Murmures inaudibles, ses lèvres qui remuent sans un mot. Des suppliques aussi. Besoin qu’il réprime, volonté pourtant de se rappeler. Juste pour comprendre. Ce geste assassin. La morsure du fer, le froid de cette lame qui le brise. Douleur psychologique plus que physique. Réparé comme on peu, estropié. Amputé de ses souvenirs, de son passé, de son présent. Disgracié aux yeux des autres, neutralité épousée comme un pardon fragile. Neige s’est éloigné du cirque. Chemin de pénitence jusqu’au lieu de prières, de recueillement. Il en a besoin Neige. Parfois. Plus qu’on ne le croit. Fantômes flous d’un passé disparu. Alors il s’éclipse. S’éloigne du cirque, promesses de revenir. Il y retourne toujours à ce seul endroit qu’il peut appeler son chez-soi. Mais parfois il a besoin de ce moment de solitude. De ce moment où il laisse le manque l’envahir, ses prières pour les dieux qu’il a toujours connus. Ses mots pour eux. Mais il n’est pas tranquille Neige. Non. Ni tranquille, ni apaisé. Il n’obtient que peu souvent des réponses, n’en demande pas vraiment. N’arrive pas à calmer son cœur erratique, n’arrive pas à calmer ses sentiments bouleversés. Et sans doute qu’aujourd’hui n’était pas le jour à prier, implorer les dieux. Parce que la seule réponse qu’ils pouvaient lui donner, c’était cet être. Cri dans ce silence sombre, et c’est Neige qui se retourne, détourne son regard de l’objet de ses prières, la capuche de son manteau s’abaissant pour dévoiler sa chevelure glaciale. Lui. Son jumeau. Lui. Dont le nom fuit ses lèvres. Lui. Assaillant. Lui, le froid de sa lame. Lui, bourreau. Lui, tueur. Et Neige, rescapé. Neige, morcelé. Son âme brisé. Au delà du réparable. Son regard d’or, son regard enflammé qui se charge d’horreur et de mélancolie. Et l’or brûle. Brûle de ce lien brisé. Brûle de ces coups de lame, de ces coups de fer qu’il ressent encore jusqu’aux tréfonds de son être. Mouvement de recul tandis qu’il s’approche. Grâce perdue, ses pieds qui s’emmêlent dans ce manteau qu’il porte toujours, un cadeau qu’il suppose de cet être dont il a oublié les périodes de paix, l’affection douce qui les unissait, et le voilà assis au sol, bêtement devant cet être dont la superbe est sans pareille. Mais l’aura à vous glacer le sang. À le faire frémir lui qui se croyait pourtant insensible. « Fantôme. » Appellation qui passe ses lèvres. Murmure torturé. Fantôme. C’est le nom de son assaillant. Le nom de son frère. Si frère il y a. Il n’y a pas de lien de sang chez les kosmo, êtres exsangues. Et pourtant. Il sait. Né de la même pierre, sa gemme source qui pulse douloureusement sur son omoplate. Il sait. Harmonie entre eux, reflets de l’autre, miroir pourtant dissonant. Désaccord dans leur nature profonde. Fragilité dans son geste tandis qu’il se drape de son manteau blanc, la douceur de celui-ci comme un semblant de réconfort. Ses yeux qui passent de son visage vers le sol, avant de se poser pour de bon sur son visage à cet être. Trop semblable. Trop différent. « Tu es venu m’achever ? » Neutralité dans la voix. Même pas de supplication pour l’épargner. Neige s’est fait témoin d’un monde où il ne se sent plus à sa place. Juste regardant de son évolution. Rêves d’utopies dans ses sourires fanés. Mais pas d’inquiétude dans le fait de finir un jour dans le royaume d’Hadès. Thanatos en demeure, l’expiation de ses crimes d’une guerre dont il a tout oublié.

Mémoire des aubes pâles, des matins pâles, tu me fait mal, quand tu ramènes vers moi, ceux qui ne sont plus là.
Pando
Dim 9 Sep - 21:30
Neige
habitation :
itinérant, incapable de se trouver un pied à terre, des racines, il se refuse à avoir des attaches.
particularités :
goshénite, tendre béryl incolore, 7,5 mohs, une dureté certaine, pourtant fragile, tellement fragile sous la colère d'un autre. des morceaux de morganite et d'héliodore mêlés à son corps pour sauver ce qu'il reste de son être.
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tsurumaru kuninaga (lee minhyuk - monsta x) + strparadise bb ♡
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xixi l'emo kid
Date d'inscription :
11/08/2018
kosmo

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Il s’avance, vers cet être qui traduit de sa vie, vers cet être qui résume ses pensées, vers cet être qui correspond à son âme, vers cet être qui fut tout pour lui, vers cet être qui sera toujours la chose la plus importante en ce bas et cruel monde, vers cet être qui lui en voudra à jamais, vers cet être qui le haïras pour le restant de leurs jours. Puis il s’arrête, regard vide s’incrustant dans un regard jumeau et tout aussi vide. Il s’arrête ; espérant presque ainsi à faire arrêter la terre et son tour incessant, ce cercle vicieux de la vie, du temps qui passe. Il s’arrête ; suit le mouvement du corps jumeau, du corps détruit, qui s’assoit à même le sol, dans une réplique ô combien cruelle de cet ancien mouvement, lointain pourtant très proche, de cette reddition, de cette presque mort, dans une réplique de ce tremblement de peur et d’attente. Il s’arrête ; le son de sa voix résonnant en lui, ce nom prononcé, ce nom qui est sien sans l’être totalement, ce surnom prononcé pour la première fois il y bien longtemps de ce moment. Il s’arrête ; les bruissements du manteau, de ce manteau, plus bruyants encore que ce simple murmure, plus éclatant de pureté encore que cet être vide face à lui. Il s’arrête ; laissant ce regard pâle le scanner, le brutaliser, le fouiller, l’abandonner.

Une phrase, une simple phrase. Qui le ramène pourtant à ces instants-là. Ces instants d’aveuglement, de pure violence, de violentes réponses à des questions jamais énoncées. De supplications éteintes, de demandes sourdes, de cris de colère, de pleurs sanglants, d’éclats de fragments, de souvenirs disparus, d’amour abandonné sur un sol aride, d’amour détruit, d’amour oublié.

Une phrase, une simple phrase. Qui le met à genoux. Qui le fait poser ses mains détruites et scarifiées à même le sol. Qui le fait trembler de la tête aux pieds. Qui lui donne envie d’hurler, de pleurer, de détruire, à nouveau, comme il a toujours su faire, comme la seule réponse possible à toutes les questions du monde. Qui lui fait poser le front contre le sol. Une fois. Deux fois. Trois fois. Qui lui fait éclater ce semblant de peau. Qui fait céder un peu plus de vieux, trop vieux, si vieux, fragments.

Une phrase, une simple phrase, qui lui fait ramasser ces fragments entre ses mains. Qui lui fait tendre ces mains trouées, vers cet être à qui il aurait dû offrir le monde, avant de détruire le sien.

Les fragments s’éparpillent pourtant au sol, s’infiltrant dans les trous de ses mains devenues pâles copies de ces mains anciennement redoutables.

Les fragments s’écoulent, larmes qui ne peuvent s’écouler de ses yeux trop secs.

Les fragments disparaissent dans un coup de vent miraculeux, et s’envolent au pied de cet être jumeau, qui fut si proche, et qui restera à jamais éloigné.

Des fragments autour de son jumeau, comme une demande silencieuse de destruction réciproque.


Mémoire des aubes pâles, des matins pâles, tu me fait mal, quand tu ramènes vers moi, ceux qui ne sont plus là.
Pando
Sam 19 Jan - 17:40
fantôme
habitation :
Sud, près de la cascade. Le bruit de l’eau est la seule chose qui peut l’apaiser pendant ses longues nuits d’insomniaque.
affiliation :
Anké. Bras droit à Atropos. Supplications qui résonnent encore dans les murs. Genoux encore écorchés. Mains tremblantes et jointes. Besoin vital. Viscérale. De se rendre utile. De revêtir son armure. De repartir. D’être parmi ceux qu’on suit. De répondre à ce qui habite en lui. A cette destinée, cette fatalité et cette violence. Violence toutefois mise en laisse. Gardée profondément enfouie. Réponse positive. Place donnée. Place nouvelle. Cœur ; Gemme, allégée. Poids qui s’alourdit. Nuits de plus en plus blanche. Mais une nouvelle raison de vivre.
particularités :
Création double. Traits similaires, asiatiques et mélange européen incertain. Parenté de pierre. Liens éternels. Origines malgré tout brouillées, à peine ébauchées. Gemme trop présente dans cette apparence insipide et froide. 8 mohs. Dureté, force, résistance presque sure. Résistance bienvenue pour la plupart du temps. Résistance maudite quand vint le temps des doutes, de l’amertume et de la guerre fraternelle.
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Griffith - Berserk // Jooehon (Monsta X) + revolver
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Date d'inscription :
12/08/2018
kosmo
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