wicked lands

these violent delights have violent ends

mélancolie cruelle, (dandelion)

harmonie fluette, euphorie solitaire


Moult fois lui avait-on reproché d’avoir peur de la mort, de l’abhorrer comme on abhorre ses pires ennemis ; pourquoi crains-tu quelque chose qui ne peut t’atteindre, soufflait-on lorsque son cœur trop lourd se déversait de ses invraisemblables terreurs. Et Revolver se morfondait alors dans l’incompréhension, inapte à conter à quel point le trépas qui touche son entourage l’apeurait infiniment plus que celui qui l’aurait atteint.

Le temps et ses équations qu’elle ne pouvait résoudre, condamnée à le regarder s’écouler et à lui arracher ce qu’elle aimait – ceux qu’elle chérissait, plus encore. Tandis qu’eux se diapraient de rides et s’affaiblissaient sous le joug impitoyable des années, elle restait sensiblement inchangée ; et chaque fois, les enfants qu’elle nourrissait au berceau mouraient dans ses bras, moins d’un misérable siècle plus tard.

L’immortelle avait alors fini par exécrer son éternité et, aujourd’hui, la haine est ficelée de désespoir. L’animal malade gémissant sur ses cuisses froides la renvoie au caractère inéluctable de son agonie à venir ; aussi suit-elle un instinct pigmenté de pur égoïsme en pianotant sur l’écran de son cellulaire, la gorge nouée sur des sanglots dont elle ne saurait se purger. Un simple viens, stigma est malade, ponctué d’une politesse qui frôle la supplication – s’il te plaît aux caractères floutés, peut-être une ou deux fautes de frappe dans sa hâte. C’est qu’elle craint de voir s’évaporer l’espèce de courage qui l’anime ; on lui soufflait, à l’aube de son existence, qu’il était brave d’admettre avoir besoin d’aide. Revolver avait toujours était une lâche.

Et tandis que ses phalanges fraîches s’égarent dans le pelage opalin de son compagnon de route, la belle s’imagine intensément humaine, une clope entre les lèvres ; à défier la mortalité avec l’impudence de cette race qu’elle ne peut s’empêcher de chérir, après lui avoir fait tant de mal. Elle se songe prête à mourir tout en s’épouvantant de cette inéluctabilité, priant au jour de sa fin qu’on lui laissera encore quelques minutes – de quoi dire au revoir, des joues contre lesquelles presser ses lèvres chevrotantes. Rien de tout ça ne lui serait offert, naturellement, et elle se vouerait à des adieux bâclés, à une épitaphe mort-née à la lisière purpurine de sa pulpe profane.

« Dandelion. » Murmure souffreteux qui s’extirpe des fonds nécrosés de sa trachée, la diction erratique de n’avoir guère parlé de la journée ; ainsi la nuit s’amorce, les ombres dansent et ses saphirs gémissent à la lumière des nébuleuses. La timide courbe d’un sourire darde le long de ses lippes et elle sent le chien sur ses genoux s’agiter d’une nouvelle venue, geignant de son impuissance convalescente. La prise contre son col se raffermit, l’intimant silencieusement de rester calme. « J’ignore de quel mal il est rongé, le vétérinaire m’a conseillé de le laisser se reposer. » Demi-mensonge – les mots vieillesse ont mordu ses chairs et contrit son cœur mais, animée par un déni certain, elle blâme des maux inconnus de lui arracher son animal. « Il n’a qu’une petite décennie. Je ne veux pas qu’il me quitte. »

Qu’on lui cède quelques années, qu’on rallonge la vie de cette petite chose pâle – c’est là son seul souhait. Et peut-être que stigma les aura, ces années ; peut-être qu’au lever du jour il s’animera d’un second souffle inespéré. Elle préfère s’en convaincre – mieux encore, elle espère t’en convaincre. « Navrée. Raconte-moi quelque chose, s’il te plaît. » Le rougeoiement de ses yeux se tourne vers les étoiles, des éclats de roche crissant sous ses crocs incapables.




Mar 21 Aoû - 11:50
Revolver
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bénédiction // morphée -- capacité à s'infiltrer dans les rêves d'autrui et d'y implanter ou retirer une information, une idée.

gemme // saphir padparadscha (9) -- la pierre est imbriquée au creux de sa paume droite.

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kosmo

on dit que seul on meurt plus vite.
volver. si tu es seule, ton éternité s'étire-t-elle plus vite ?
il a son souffle gorgé de lettres tactiles et les jambes brûlées par l’urgence.

dandelion, faible kosmo fabriqué d’impostures, sait ce soir comment courir. se ruer vers le front, âme battante et arme au poing. quelques cartes tracées à coup de compas et de crayons. voici la lance et le bouclier, qui chasseront les nuages au-dessus de revolver, accrochés à sa nuit. ((il l'espère))

il y a longtemps, quand elle lui a demandé comment lire dans le ciel, le vagabond a entendu sa solitude chanter. il s'est senti béni, car de ses mots revolver lui a permis de rêver. façonner au fond de sa gorge un rire si franc, qu'il n'a pas besoin d'élan pour voler. et dandelion atterrit sur le pas de sa porte.

oublie de frapper,
angoissé par les événements. 
le cartographe, paré de son attirail stellaire, contemple l'animal dans les bras de revolver.
un son cassé trahit sa tempe-cœur.

- oh stigma… -

doucement dandelion se laisse tomber près de son amie. à son tour, il a les lèvres qui sourient. qui disent je suis là. une main qui se pose sur le flanc. qui salue le chien. la calcédonite écoute le verdict, le souffle d'existence qui parcoure la distance entre les deux rives.

- mon pauvre, le temps t’est bien relatif. il est vieux volver, c’est son mal n’est-ce pas ? -

dandelion devine quelque peu. la détresse de son amie n'est pas inconnue à son esprit. ces discussions encore jeunes, dont les mots gravent le sable jusqu'à la prochaine vague. il s'en souvient. tout comme de son impuissance. alors cette nuit, il ose un peu de courage, ramassé sur les routes.

- mais les âges antiques savent encore vivre. on dit que seul on meurt plus vite. et si tu avais un deuxième chien, de son vivant ? d’autres jappements qui lui rappelleraient les siens ? -

l'idée glisse un sourire timide. après tout, revolver n'a peut-être pas le temps. après tout, le cartographe n'y connaît peut-être rien, en chien.

et il dévisage la gemme bénie, le regard chargé d'une douce remontrance.

- t’excuse pas volver ! jamais pour ça, jamais quand c’est toi ! je serai toujours là hein. et j’ai bien un truc à raconter... attends : -

assis près de revolver, jambes croisées,
voilà dandelion qui se tait.

rassembler ses idées. le menton posé sur la poitrine.
tourné vers l'intérieur, revêtir l'habit du conteur.
et lorsqu'il redresse la tête,
voilà dandelion animé d'une histoire.

- tempo. c'est comme ça qu'il s'appelle.
il est jeune il est beau il s’écorche et s’érafle, car après tout son nom le dit, il est temps. il est éternité. rien ne peut l’effacer. et tempo s’y plaît, puisque tout le monde le demande, puisque tempo est roi, sauveur, tyran. il passe ses journées à aimer, comprendre et retenir. il discute des souvenirs avec l’univers tout entier. il rigole parce qu’il se souvient très bien, qu’un jour tu as voulu courir sur les grandes routes. il s’esclaffe parce que ce jour-là tu as bien failli y laisser ta peau. mais tu avais encore le temps devant toi, tu as grandi et maintenant toi aussi tu en ris. c’est triste parce qu’aujourd’hui tempo regarde tes rides et voudrait bien les effacer. tu aimerais qu’il le fasse, mais comme tu dis : c’est la vie ! et tempo ça le fâche, parce qu’à ce moment, il le sait que c’est lui le tyran. et tempo déteste la vie qui lui prend tout et le laisse seul, parce que tempo c’est que le temps. donner et repris.
-

un respire. la voix reprend, s'élève. et le cartographe la suit, planté au milieu de nulle part. mémoire battante.

- tempo
il est jeune il est beau et soudain il n’y a plus personne qu’il aime autour de lui. tu devines bien, volver, qu’il veut juste se rouler en boule et disparaître. en vérité, tempo ce qu’il voulait c’était être la vie. être lui aussi éphémère comme ça il pourrait rejoindre ses copains, et arrêter de les attendre dans son coin. en plus ça coule mieux en bouche, vie. et puis un jour il a rencontré quelqu’un.
et dandelion s'exclame. salut je m’appelle von ! qu’il a dit. et tempo il a encore rigolé quand von a manqué tomber de la falaise. le temps a dit : c’est pour ça qu’il y a des sentiers tracés, crétin ! mais on sait bien que ce crétin-là n’était pas méchant. alors tempo il s’est encore fâché, quand von, tout ridé, lui a dit que c’était la vie. mais soudain, von il a ri. et puis il a dit : -

d'une voix grave et en se raclant la gorge,
bien décidé,

- mais tu sais tempo, on est pas vraiment perdus. si c’était le cas, tu nous aurais pas dans la peau. t’en fais quoi de ce qu’on est dans ta tête ? petite gemme agite le bras devant elle, théâtrale. tiens, regarde, là, tu viens de faire une grimace. eh bien, grand idiot c’est ma grimace ça. et ton ça alors ! si ça vient pas de hope je sais pas d’où tu l’as pris. on peut pas être mort, si toi tu nous racontes encore. si ça te fait si peur qu’on te laisse derrière, tempo, t’as qu’à chanter nos vies. une chanson ça c’est encore plus éternelle que toi. même après mille ans bordel, on la chante encore ! et d'un rire dandelion s'arrête. adoucit le ton - rêveur. et tempo il s’est senti comme libéré. un truc plus immortel que lui, et qui rend immortel… wow ! alors il s’est mis à chanter. on aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie, que le rythme était dans sa peau. qu’il connaissait tous les tempos. -

un salut s'incline, le conteur s'évapore derrière un rideau onirique.
voilà le vagabond - tête en flocon - aux lèvres étirées. il se rassied.

- excuse-moi volver, c’est le contexte qui m’a fait penser à celle-là. mais j’espère qu’elle a pu te faire sourire d'un iota. comme les étoiles en ce moment. -

ses iris se perdent dans le pelage de stigma, les doigts hésitants dans le vide.
dandelion aimerait tant offrir à revolver un morceau de rêve, comme elle a su le faire pour lui.
mais il n'a que sa besace, avec ses armes étoilées, auxquelles il ne trouve plus d'utilité.
credits to xion of OOC


Spoiler:
 
Sam 25 Aoû - 5:44
Dandelion
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kosmo
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