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these violent delights have violent ends

oisillons retrouvés [FLASHBACK] - ft. albatros

Flashback (2 years ago) - oisillons retrouvésCorbeau & Albatroset c’est dans la matinée que l’oiseau avait reçue un message sur son téléphone. numéro non répertorié apparu par hasard dans ses notifications. et quand elle l’avait ouvert, corbeau s’était figée.
« yo le corbeau ! c’est ton bro caliban, je suis aussi à l’est du coup… je te donne rdv à 18h à la déchetterie a+ »
au début, elle n’y avait pas cru.
était-ce vraiment son frère qui lui avait envoyé un tel message ? lui qui était parti il y a maintenant 4 ans. lui qui l’avait abandonné le jour de leur 16 ans.
et voilà qu’il refaisait surface, sans rien dire, sans prévenir.
c’était impossible.
comment osait-il ?

corbeau voulait oublier ce message, ignorer ce signe de vie. ce ne pouvait pas être albatros. ce n’était pas possible.
c’était bien trop facile. un simple sms sorti de nul part après 4 années de silence. comment avait-il eu son numéro d’ailleurs ? ça n’avait aucun sens. pourquoi ne pas l’avoir contacté plus tôt ? et comment savait-il où elle était ?
et la décharge dont il parlait, était-celle sur la côte ? (probablement puisqu'elle était à l'est)
et comment savoir si c’était-lui ?
corbeau était perdue. corbeau tournait en rond. elle était tiraillée entre l’espoir de retrouver son frère et la rage de son abandon.
elle ne savait pas quoi faire: ignorer cet individu prétendant être son frère, ou se raccrocher à son désir de le revoir ?
et finalement, corbeau céda.

et c’est le coeur battant que l’oiseau pénètre dans la décharge.  
les sourcils froncés et les poings serrés. elle est venue seule, mais pas sans défense. son masque blanc sur le visage et un pistolet à la ceinture.
corbeau s’est préparée. que ce soit caliban ou non, elle ne se livrera pas à lui comme ça.
elle observe quelques instant le lieu, cherchant le moindre signe de vie. seulement, tout ici est si calme, si silencieux. c’est à se demander si il  y a vraiment quelqu’un qui l’attends.
en tout cas, le lieu lui plaît. c’est reposant et vide. planque idéale, sans compter tous le matériaux récupérables.
si c’est bien caliban qui l’a contacté, elle comprend son choix.

et puis, à force de se faufiler à travers les débris, corbeau tombe finalement sur un lieu un peu plus ouvert. comme une clairière. sauf qu’à défaut d’être dans un forêt, elle est dans une déchetterie. et devant elle, de dos, elle aperçoit un garçon accroupi.
un simple coup d'œil à sa chevelure foncée lui fait comprendre de qui il s’agit.
caliban.
son frère. son jumeau. sa moitié… il est là. juste devant elle.
corbeau le sait. elle devrait se détendre. elle devrait exploser de joie, courir dans ses bras et l’enlacer. elle devrait le couvrir de sourire et rattraper le temps perdu.
mais corbeau n’en fait rien.
elle ne manifeste aucune joie. au contraire.
sa colère est décuplée. ses membres tremblent et son visage se déforme sous son masque à cause de sa rage. corbeau veut hurler, elle veut pleurer. corbeau rêve de courir vers lui pour l’attraper et le faire chuter. elle crève d’envie de le ruer de coup jusqu’à ce que sa rancœur disparaisse.
mais corbeau n’en fait rien non plus.

ses émotions sont ingérables, trop contradictoires, et son coeur est déchiré. alors azura reste immobile, azura reste passive.
silencieusement, elle s’approche pour n’être plus qu’à quelques mètres de son frère. elle sort son revolver pour le charger en une fraction de seconde. et bruit du mécanisme est assez fort pour qu’il l’entende.
puis, dans un mouvement lent, elle pointe l’arme vers lui.
« caliban. »
et elle reste ainsi, impassible. elle attend.
elle ne sait pas encore si elle tirera. seul caliban le lui dira.  
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Sam 4 Aoû - 0:06
Corbeau
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+ corbeau // ( flashback )

L’air lourd qui pèse sur l’horizon et son regard qui se perd sur chaque détail qui l’entoure. Caliban pensif au milieu d’un décor trop chargé - aussi chaotique que ses pensées, comme un train qui refuse de s’arrêter. Il s’allonge, le dos reposé par le toit d’une vieille voiture. Une épave qui lui tient compagnie dans l’océan de déchets qui l’a toujours attiré. Lui qui érige des monuments de bois, carton et papier mâché pour combler le vide de sa vie dévastée.  
Seulement aujourd’hui
Caliban a retrouvé son nom.
Son vrai nom, pas celui de cet oiseau des mers - noyés comme ses rêves.
Albatros sait, il ne peut ignorer cet autre nom qui résonne au plus profond de lui même ; Azura. Ou Corbeau comme ils disent. Ceux qui l'entourent dans une nouvelle cage - celle d’Anké. Un mur assez imposant pour qu’il refuse de s’y confronter oh non, il n’a pas envie de se rendre là bas. Il préfère de loin agir seul - car bientôt il ne le sera plus
il ne sera qu’un.
Une seule et même voix - enfin retrouvée, après tant d’années.
Dans l’attente, les yeux vers le ciel au milieu d’une décharge. Il repense à ce temps perdu, ses souvenirs qui prennent le large, ces visages presque oubliés (laissés derrière lui) lui qui a tout claqué, lâché laissé derrière lui. Sans avoir de chance de retrouver tout ce qu’il a abandonné - il le sait lorsqu’il voit les chemins empruntés par certains, il le voit sur leurs regards à jamais changés, ces airs amers ces expressions sculptés par le temps ; innocence d’un autre temps à jamais envolée.
Le temps passe et ne revient pas. Les temps changent, les gosses aussi.
Rêver de simplicité n’est pas permis dans ce monde mais Albatros garde espoir. Maintenant qu’il sait que sa soeur s’est sorti d’une cage - il espère bêtement (simplement) la revoir. Quand bien même leur relation ne sera pas inchangée.
Elle aura grandit, elle aura vécu ; il aura tant à lui dire.
Mais les mots lui manquent et le stress monte.

Sa tentative de SMS ne prendra peut être pas. Plus il y pense plus il se trouve ringard - les détails l’envahissent. Tout lui monte à la tête, même le bleu du ciel. Alors ses yeux se ferment et sa tête atterrit dans ses mains. Il est descendu de son perchoir, il a les pieds sur terre bien que accroupi.
Soudain, le vacarme dans sa tête s’arrête. Pas besoin de se retourner pour reconnaître ces pas, c’est comme un instinct - un sixième sens de jumeau - quelque chose comme ça.
Il se relève, les yeux encore vide il croise le regard d’un revolver ; répondant présent à l’appel de son nom, un regard échangé avec celle de l’autre côté de l’arme : sa soeur.
« yo Azura. » pour enfin briser le silence.
et ça serait mentir que de dire qu’il le flippe pas à la vue d’une arme pointé sur lui. Pourtant il fait comme si de rien n’était. Ignorant simplement la présence de l’invité surprise ; les yeux rivés sur ceux de sa soeur. « t’as été prévoyante je suis fier de toi. » il se contente de jeter son sourire dans son regard. « j’aurai pu être un kidnappeur, t’as eu d’la chance. » et ses blagues d’un mauvais goût certain, « j’aurai pu vraiment mal tourner, si j’avais pas pensé à toi pendant toute ces années. »
l’humidité gagne ses yeux, son regard vient enfin à se détourner. Maintenant retourné vers la voiture qui les attendait.
« fais moi monter dans cette voiture, tu pourras m’interroger autant que tu veux. »
En criminel qui s’assume il lui tend un clin d’oeil quitte à se prendre une balle.


Mer 8 Aoû - 0:43
Albatros
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Flashback (2 years ago) - oisillons retrouvésCorbeau & Albatroset il l’appelle par son prénom. trois syllabes qu’il a tant prononcé par le passé. de sa voix qu’elle n’avait pas entendu depuis trop d’années.
frisson. main qui se crispe. bras qui tremble.
elle l’écoute parler, elle le vois lui sourire. sous son masque, son visage se déforme sous l’émotion. elle voudrait lâcher son flingue. elle voudrait courir. elle voudrait lui sauter dessus. elle voudrait l’enlacer. elle voudrait lui dire combien elle l’aime. lui dire combien il lui a manqué. elle voudrait le frapper. elle voudrait hurler. elle voudrait l’incendier de milles reproches. ceux de l’avoir abandonné.
son être tout entier est en pleine bataille. amour ou haine. souvenirs ou rancoeur. frère ou inconnu.  que faire ? que dire ? comment agir ? a cet instant corbeau est perdue entre ses sentiments.

et puis la phrase tombe. et comme un couperet, elle tranche.
« tais-toi.. »
elle grince les dents en l’entendant dire qu’il aurait pu mal tourner s’il n’avait pas penser à elle, la rage l’emporte. comment osait-il ? c’est lui qui était parti. c’est lui qui l’avait abandonné. alors comment pouvait-il lui dire ça alors qu’il n’avait rien fait pour la retrouver durant toutes ces années ? alors qu’il avait juste claqué la porte sans rien lui dire. alors qu’il l’avait négligé comme si elle n’était rien… elle… sa soeur…
hypocrite. imbécile. va te faire foutre, caliban. je ne veux plus te voir… je veux que tu disparaisses… je veux que tu…
les sombres pensées se figent quand elle voit ses yeux humides. l’empathie la gagne. la tristesse la calme.
elle aussi, elle pleure.

alors s’approche de lui et de la voiture, posant le pistolet contre son dos pour le faire avancer. elle le fait à contre-coeur. au fond, elle n’aime pas menacer son frère ainsi. mais elle ne laisse rien paraître. parce qu’elle est forte, corbeau. « alors monte.. » elle le laisse s’installer, prenant le siège avant à côté.
elle pose son arme sur le devant de la voiture. « t’es qu’un con. c’est toi qui a eu de la chance. c’est toi qui es sans défense. j’aurai pu venir accompagnée. j’aurai pu venir plus armée… j’aurai pu... . » elle marmonne avec fureur sans trop se rendre compte de la franchise avec laquelle elle parle. elle laisse les mots couler. parce qu’elle ne sait pas quoi faire d’autre. « j’aurai pu venir avec l’intention de te tuer.. » l'aveu tombe. corbeau ne lui fera rien.
du moins. elle ne le blessera pas. pas comme ça.
et puis, le silence tombe. elle ne sait plus quoi dire, elle ne sait plus quoi faire. elle n’ose même pas regarder son frère. pourtant elle voudrait lui dire. lui dire qu’il lui a manqué, lui dire qu’elle est contente de le retrouver. lui dire qu’elle lui en veut, lui dire ce qu’elle a traversé quand il l’a quitté.
mais corbeau n’est pas douée avec les mots.
alors elle enlève son masque doucement pour le poser à côté du flingue. dévoilant un visage semblable à celui de son frère. plus féminin, plus marqué. ses yeux sont cernés, mais on peut lire dans ses pupilles noires. détermination froide et sans faille. nostalgie et tristesse de ces retrouvailles. rage et rancœur de l’abandon. espoir d’une famille recomposée… tout se mélange. et corbeau sait comment faire sortir tout ça.  « caliban.. » sa voix claque. « regarde-moi.. » c’est un ordre.

quand leur regards se croisent, le don s’active sous la volonté d’azura. elle lui transmet tout. elle lui envoi tout. elle ne le fait avec aucune délicatesse, avec aucune mesure. elle lui projette purement et simplement ses émotions les plus sincères et les plus intimes. tout déferle sur lui.
la difficulté et l’injustice de son statut de bénie à l’institut.
sa rage d’être considérée comme une esclave au service des hinos.
sa volonté de rester forte pour eux.
son désespoir quand il est parti.
la trahison ressentie.
la tristesse et le vide qu’elle a ressentie.
sa solitude naissante et immuable.
le calvaire des deux dernières années à eskeia. sans lui.
la peur. sa détresse. son affliction.
la rancoeur en lisant son sms.
l’espoir à l’idée de le retrouver.
l’amour qu’elle lui porte encore.
l’amour qu’elle lui portera toujours.
mais sa confiance ébranlée.
ses sentiments meurtris.
son coeur trahi.
par celui qu’elle aime le plus.

et puis ça cesse. brusquement.
finalement, la balle ne vint pas de son revolver. la balle vint de son coeur. et elle corbeau venait de tirer.
en plein dans celui de caliban.
elle aurait voulu lui en montrer plus, mais se souvenir de tout ce qu’elle a traversé est trop douloureux. pour elle comme pour lui.
alors cela suffit.
et azura, rendue fragile après cette confession silencieuse, tourne la tête vers la fenêtre. elle détourne le regard. pour qu’il ne voit ses larmes.
« pourquoi t’es parti.... » mi-question, mi-plainte. simple murmure pour elle même. elle est triste maintenant.
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Dim 12 Aoû - 17:15
Corbeau
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« tais-toi.. » c’est clair, net, précis. Assez pour lui rappeler qu’il n’est pas ici pour rire lui et son allure de voyageur, lui et sa sale manie de tout prendre à la légère. Pas de chance, il est tombé sur le méchant flic. Lui qui a oublié le son des mots de sa soeur lorsqu’elle est ferme. Est-ce qu’elle l’avait déjà été avec lui auparavant ? impossible de se rappeler, mais ce ne sont pas ces souvenirs là qu’ils sont en jeu.
Plus aucun jeu.
Plus aucun visage souriant, enfants naïfs enterrés sous le château de sable.
« alors monte.. » ou presque. Elle qui semble se prendre au jeu - l’envie de continuer se fait plus forte que l’envie de s’entretuer. Là encore, il a presque envie de douter. Sa soeur lui paraît lointaine comme les montagnes de bois et autres résidus qu’on a érigés à l’horizon de la décharge, bien au delà de leur coin tranquille. Un tête à tête armé c’est généralement mauvais signe mais sera t-elle prête à tirer ? dans tous les cas il s’est assis à la place du passager, prêt à se faire descendre et ramener dans le coffre … mais la réponse tombe. Et le doute s’évapore.
Caliban ; oiseau de malheur et surtout un con qui a eu de la chance, c’est le cas de le dire.
Soulagé de voir l’arme posé quelque part, c’est déjà ça. Mais ses pensées ne le laissent pas en reste et il réalise soudain l’importance de la présence de sa soeur à une place de lui. C’est comme surréaliste ; assez près pour se sentir sans avoir à se toucher - elle qui ne vivait que dans ses pensées.
émotions amour remords
les mots qui manquent ; balayés par ces trois là.
mais avant même qu’il n'ait eu le temps de penser un truc intelligent à dire ; il voit ses yeux plongés dans les siens. Sa voix qui résonne au fond de ses sentiments qui le pénètrent. C’est donc ça être victime du pouvoir du Corbeau ? ça ne l’avait jamais autant traversé.
émotions amour remords
lui qui est en tort. C’est difficile à accepter mais ça lui a ouvert les yeux. Là au fond de ses pupilles, et ses pensées qui s'éclaircissent. Les larmes coulent sans qu’il ne s’en rende compte ; le regard désormais figé vers l’horizon.
Il aimerait partir droit devant avec elle. Mais le passé lui reste en travers de la gorge.
« pourquoi t’es parti.... » il faut qu’il la sorte. Cette raison qui l’a poussé hors de la cage - hors de la portée d’Azura. Mais lui, il n’a rien d’autre que ses mots pour transmettre au mieux le souvenir qui l’a rongé - rien pour lui faire ressentir comme il a ressenti  
« ça c’est une bonne question. » mais lui aussi possède sa voix comme arme. Pas le choix cette fois, si Azura ne l’avait pas sauvé de la noyade en transperçant son silence dans lequel il s’était réfugié, il n’aurait sans doute jamais parlé. « tu me connais, moi et mes vieilles habitudes ? j’allais souvent dans les couloirs la nuit juste pour voir... » ses yeux au ciel, mais pas celui qui se dessine à l’horizon. Il fixe le toit de la voiture pour faire le vide dans son esprit. Histoire de voir se dessiner la scène sous ses yeux.
« je sais pas j’ai juste… j’ai juste regardé à travers la porte de trop. Y a ce gosse, il devait avoir quoi notre âge ? il était mort et je … je sais pas où ils l’ont emmené. » de toutes les histoires qu’il connaît, celle ci est de loin la plus dure à raconter « le truc c’est qu’ils m’ont vu… et ils ont commencé à vouloir me chopper. Cette fois je savais qu’ils me diraient pas juste retourne dans ta chambre alors je… j’ai flippé. J’ai couru, j’ai escaladé cette barrière puis j’ai encore couru et- » l’entracte tombe.
L’espace d’un instant son regard a croisé le vide et il vient de réaliser à quel point son récit est passé sans qu’il ne s'écorche la gorge. Lui qui n’osait plus en parler.
« excuse moi si c’est trop long. »
Soudain, il ne sait plus où se mettre et il en vient à chercher les yeux de sa soeur.
« ’fin bref, tu te doutes bien que j’aurai pas été le bienvenu si je revenais. » mais ces histoires n’ont pas de fin, et Albatros la parole retrouvé « mais toi, tu m’as retrouvé au final. » oisillons retrouvés
pour le meilleur ou le pire.


Lun 27 Aoû - 23:26
Albatros
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Flashback (2 years ago) - oisillons retrouvésCorbeau & Albatroselle veut comprendre. elle veut savoir. ces années de silence, ces années de solitude... vont-elles enfin être justifiée ? pourtant, corbeau ne sait pas. elle ne sait pas ce qu’elle attends. elle a placé ses espoirs refoulés en ces retrouvailles sans savoir ce qu’elle veut vraiment. elle a le choix.
veut-elle réellement comprendre ? veut-elle même l’écouter ? veut-elle lui pardonner ? ou cherche-t-elle à lui en vouloir ? cherche-t-elle à donner une raison à sa colère ? cherche-t-elle a se faire du mal ? à leur faire du mal ?

pourquoi est-elle venu, après tout ? elle avait hésité. n’était-ce pas mieux ainsi ? deux inconnus arpentant deux chemins (trop) différents. à jamais éloigné par un destin tragique. ça aurait pu en être ainsi. ils auraient pu ne jamais se retrouver. mais pourtant, par le pouvoir de quelques choix, les voilà tous les deux dans cette voiture cabossée.
pourtant, le sentiment d’incertitude n’a toujours pas quitté corbeau. à quoi bon en parler et y mettre des mots, c’est peut-être sans retour. rien ne garantit qu’après ces retrouvailles tout sera comme avant. c’est même certain que ça ne le sera pas. ça ne peut plus l’être. et ça, ça la terrifie.
elle a peur, corbeau.

peur que cela ne fasse qu’empirer les choses.

malgré tout, elle écoute. elle laisse son frère parler, elle le laisse tenter de s’expliquer. caliban parle, caliban explique. son ton devient plus sérieux, comme s’il avait finalement comprit qu’elle n’était pas ici pour plaisanter, et que l’humour et l’ironie ne le sauverait pas. ses larmes non plus. ça ne l’attendri pas.
elle pleure aussi, de toute façon.

à sa grande surprise, l’explication de son frère tient la route. trop aveuglée par sa rage, corbeau ne s’est pas rendu compte qu’il était peut-être sincère, et qu’il avait lui même traversé des moments difficiles.
(égoisme)
finalement, il a eu raison de s’enfuir. ça, elle est incapable de le contredire. « d’accord. » approbation faible, presque neutre. comme une mauvaise perdante qui refuse. « je conçois que tu as bien fait de t’enfuir. » ça lui arrache presque la gorge. « désolée, caliban. » elle s’adoucit, parle doucement. dans une tentative de pardon.

il y a un moment de silence, un moment de flottement. corbeau réfléchit. corbeau songe. elle ne sait plus quel comportement adopté. elle est de nouveau perdue entre ses sentiments partagés. la raison de caliban est plus que valable. l’institut, corbeau ne le sait que trop bien, n’est pas fiable. à sa place, elle aurait probablement fait la même chose. s’enfuir sans se retourner, pour ne pas se faire attraper. « je pense que je préfère que tu te sois enfui plutôt que tu sois mort... »
oui. à sa place, elle aurait fait comme lui.
ou pas tout à fait.
« mais cela fait tant d’années… pourquoi t’as pas essayé de me retrouver ? pourquoi tu m’as pas dit où tu étais ? pourquoi tu m’as pas recontacté ? j’ai presque cru que tu étais mort, moi. »
et cette idée l’avait anéanti. alors elle était restée dans le déni. elle avait bien fait.

caliban lui dit qu’elle l’a finalement retrouvé, corbeau garde son visage dur. « et si je ne t’avais pas retrouvé ? » son masque se décompose petit à petit. « qu’est-ce que j’aurai fait... » elle plonge ses yeux dans les siens. « qu’est-ce que j’aurai fait sans toi ? »
nouvelle hésitation. doit-elle lui dire ce qu’elle a sur le coeur ? ou bien doit-elle tout garder pour elle ?

« tu me manques, caliban. tu m’as manqué et tu me manques encore. ça ne sera jamais plus comme avant, toi et moi. on le sait. je t’en veux encore et je t’en voudrais toujours. pourtant, je suis incroyablement soulagée de t’avoir retrouvé. t’es là, devant moi, et ça semble quasiment irréel. c’est comme attraper quelque chose qu’on poursuivait depuis trop de temps. quelque chose en quoi on ne croyait plus. parce que je ne croyais plus en toi. mais t’es là, devant moi. t’es là avec ta putain de bonne raison. j’aurai préféré que tu me sortes une excuse bidon, tu sais ? ça aurait été plus facile de t’en vouloir. sauf que non, ça tient la route. alors je t’en veux, mais pas suffisamment, pas comme je le voudrai. tu fais chier, tu le sais ? mais j’y peux rien, c’est comme ça. j’suis pas stupide au point de rester bornée et de t’effacer de ma vie. je le veux pas non plus. sauf que je sais pas quoi faire. ça sera plus jamais pareil. on a prit des chemins différents, toi et moi. je suis à anké, tu sais ? et cette cause rebelle me tient à coeur. j’suis une nouvelle personne. et je sais pas si t’es prêt à l’accepter. et toi aussi, t’as changé. la personne que je vois devant moi, c’est toujours mon frère. mais en même temps, c’est plus le même. »
et tout se perd, tout se mélange. c’est ponctué de rires nerveux, de mous incertaines, de mots qui se déversent trop vite.
« alors on fait quoi, maintenant ? »
dis le moi, caliban. parce que moi j’en sais fichtrement rien.
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Sam 22 Sep - 15:55
Corbeau
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