wicked lands

these violent delights have violent ends

mirages (&) suxi

mirages
↳ wang xishui
Sous le joug d’une lune ronde, s’agitent les somnolences éparses d’un sommeil dont la douceur d’une embrassade tant espérée se laisse désirer. Entre les draps légers, un corps se tord dans un sens, puis dans l’autre, au rythme irrégulier des respirations de sa locataire. Et à l’ombre des paupières tremblantes, se profilent telles des ombres chinoises quelques monstres dont l’esquisse seule accélère les battements de son palpitant. Suzy, bercée par les illusions noirâtres, s’abandonne contre son propre gré au creux des bras pernicieux de Morphée ; trop épuisée pour résister encore, la rétine brûlant d’avoir trop longtemps été accrochée à la voûte céleste. Solitude maladroite de ces passades nocturnes dont elle tait les évidences ; et même demoiselle, dès lors que le soleil éclot à l’horizon, chasse d’un battement de cils les horreurs de la nuit de son esprit.

Et bientôt elle n’y tient plus ; tous ses sens s’éveillent en un seul hoquet surpris, le poitrail vibrant à la cadence d’une chamade et la respiration, haletante. Lorsque l’on revient du sanctuaire des cauchemars, le retour de l’âme au monde tel qu’il est dans sa morose réalité est toujours d’une brutalité ineffable – celle-ci s’étend quelques instants à peine qui pourtant paraissent une éternité. Son derme frissonne encore et tout son corps, comme une immense cavité, peine à expulser de ses simples expirations l’entièreté de ses angoisses ; en guise de preuve ses paumes telles deux grands lacs accueillant toutes ses hérésies, marques rougeâtres formées à force que l’enfant trop inquiet lacère sa chaire à l’aide de ses ongles.

Dans les bras du silence, Suzy chérit le réconfort et peu à peu tout s’apaise – inspiration, expiration. Le soulagement l’allège, et même si désormais elle ne place plus que de maigres espoirs en l'idée de se rendormir ce soir, la voilà qui esquisse le mouvement de se rallonger ; quand, derrière-elle son bras effleure une matière tiède et – respirante. D’un seul bond précipité, joint d’un hurlement aigu, tout son corps se propulse à l’autre bout du lit, les genoux serrés contre la poitrine, une main en quête du premier objet à proximité pouvant prétendre servir d’arme – un livre, probablement – qu’elle tend en direction de l’intru dont la silhouette se détache à peine au clair de lune filtrant à travers les volets. « Dehors ou... ou je crie. », elle profère alors que le hurlement s’est déjà répandu dans le studio depuis longtemps, le ton aux abords menaçants – quelque attitude de soldat fier transperçant ses manières.





scary love ☽☽☽
Sam 28 Juil - 23:05
Suzy Hao
habitation :
nord (&) chambre noyée dans vorei
affiliation :
eskeia
particularités :
protégée par artémis (&) sharpshooter
avatar :
usagi tsukino + self (&) jeon soyeon
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Date d'inscription :
10/07/2018
yvridio
sometimes she reaches inside of his chest and grasps at his sorrow with bare hands. between her fragile fingers all the darkness inside of him shapes into someone new. someone better. someone kinder. someone loved. — r.m
La nuit comme un royaume étranger. Son corps comme la personnification de la douleur. Et Xishui qui sourit. Remercie. S’incline. Politesses mondaines tandis qu’il finit son rapport. Les ombres de la pièce qui cachent l’ignominie de sa peau. Et Xishui qui s’abreuve des quelques compliments qu’il peine à décrocher. Engeance maléfique qu’on utilise de peur de le voir un jour céder aux pulsions de liberté et d’évasion qui l’habitent depuis toujours. C’est pourtant d’un pas lourd, bancal, qu’il quitte Eskeia, c’est pourtant d’un pas lourd, maladroit qu’il erre dans Vorei. Le besoin de retrouver le calme de draps qui n’attendent que lui. Le chemin est long jusqu’à chez lui, les escaliers interminables. Chaque pas lui vrille le corps, le cœur et l’absence de l’astre solaire nuit à son mental plus qu’il ne veut l’admettre. La solitude de son appartement le laisse dans des angoisses qu’il peine à refouler. Créature solitaire pourtant. Pourtant. Ses démons sortent la nuit, et Morphée ne l’aime sans doute pas assez pour lui assurer un sommeil sans rêve. Alors il finit sur son balcon Xishui. Son regard dans les étoiles. Des prières pour Astéria et Astréos. Des prières pour Séléné, Artémis et les dieux de la nuit. Des appels qu’il ose à peine murmurer, conscient qu’il n’est pas de ceux qui leur vouent un culte. Créature solaire, diurne, son amour tout entier pour le soleil, pour Hélios et surtout Apollon. Soupir qui quitte ses lèvres. Soupir qui rappelle son éveil malgré son corps qui crie au repos. Soupir et son regard qui se détourne vers le balcon d’à côté. Suzy. Figure sûre d’un passé incertain. Suzy, douceur tendre dans ce monde de brutes. Objet d’un amour ancien. Objet d’une affection présente. Et il se fait furtif Xishui. Envie qui le prend. Escalade la séparation des deux balcons, se glisse dans l’appartement de la belle. Ça fait bien longtemps qu’il a cessé de lui demander de faire attention à bien fermer les fenêtres. En moins de deux il est dans son lit. En moins de deux, la présence de Suzy à ses côtés est suffisante pour que Morphée s’attarde enfin sur sa cause. Le sommeil pour apaiser ces douleurs lancinantes qui ne le quittent plus depuis toujours ou presque. Mais s’il sombrait dans les limbes du monde onirique, c’était un hurlement aigu qui l’en tirait de cette torpeur plaisante. Le faisant se relever, de manière indolente gestes emprunts de cette lourdeur due au monde de Morphée. « Dehors ou... ou je crie. » Et il soupire. Se roule en boule. Soupire encore. « Je t’aurais déjà tuée avant Suzy si c’était mon attention. » Murmure. Il n’élève pas la voix Xishui. Jamais. Murmure, et des pointes de douleur qui reviennent par à-coup maintenant que son corps se réveille. Adieu sommeil et torpeur anesthésiée. « Pose ce livre. Et viens te coucher. » Il a une de ses mains qui se tend, l’asiatique, vers elle, un sourire qu’on peine à voir dans les lumières lunaires. Mais sur son bras les brûlures zèbrent sa peau, souvenir de sa mission qu’il a achevé ici. Sur son bras se marbrent les traces d’un don qu’il peine à aimer. « J’suis fatigué Su’.  Viens. »



@suzy hao  ♡
(c) noctae
Mar 31 Juil - 19:14
Xishui Wang
habitation :
nord ((vorei)) — appartement où il passe seulement ses nuits, comme un endroit où dormir sans avoir le nom de maison.
affiliation :
eskeia ((phonos)) — de ceux qui pourraient devenir des victimes - casualities - soldat sachant se battre, pourtant envoyé pour ses dons, médecin avant toute chose ayant vu plus d'horreurs que de merveilles.
particularités :
enfant d'apollon autant béni que maudit, la réincarnation douloureuse de cet être qui aimait tant le soleil ((icarus)) — toucher divin ((guérison)) capacité à soigner les autres en laissant sa peau se marrer de fleurs rougeoyantes, brûlures du soleil comme un rappel cruel à ce qu'il est.
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26/07/2018
yvridio
mirages
↳ wang xishui
Et la sensation pernicieuse d’une présence glissée à ses côtés à son insu se meut soudain en palpitante réalité ; bien loin se son esprit s’étiolent les impressions chimériques pour laisser place à la chaleur d’un corps tout près du sein. Le poitrail tout en émoi bat alors à tout rompre et tord sa cage en thoracique en vrillements inquiets ; au gouffre des lippes milles effrois se bousculent et menacent de s’écrouler, tandis que ce sont deux iris vains d’une enfant affolée qui s’attèlent à tenter de percer l’obscurité. Vaine, vaine tentative annihilée par un simple murmure aux abords suaves et délicats, timbre mélodique dont la frêle grâce apaise les frayeurs de Suzy.
« Shui… » elle anone au travers des nappes obscures dressées telles des étendards impénétrables. « C’est toi ? » Et rayons lunaires s’élèvent, se faufilent en travers des interstices des volets ; rayons lunaires caressent l’épiderme meurtri du protégé d’appolon – ô tragique, tragique bénédiction. Nul besoin de la prier davantage, voilà l’arme de pacotille délaissée au pied du lit en un unique claquement sourd, et la silhouette se hisse aussitôt aux côtés du Wang. Un seul souffle viennent parcourir les lésions de son derme à vif, quelques caresses effleurées du bout de ses doigts fins sans jamais oser s’apposer davantage contre les plaies. « Tu t’es fait mal… encore. » L’inquiétude perlent au creux de sa voix et se manifeste en un mordillement de sa lippe inférieure, tandis qu’elle vient chercher le regard de Xishui. « Reste là. Dors. »

Une âme s’étrangle entre réminiscences anciennes et ritournelles cruelles, quelque culpabilité douce-amère pourrissant le creux de sa trachée ; demoiselle naïve responsable de cicatrices qu’elle n’a jamais  eu l’intention d’infliger, et le corps d’un réincarné qui souffre les supplices d’un don aux tranchants aussi doubles qu’aiguisés. Eclipsée alors, en l’espace d’un instant dans ce qui fait office de cuisine – une main tâtonnant l’intérieur du réfrigérateur en quête de quelque objet frais, ne dénichant rien de plus satisfaisant qu’une bouteille d’eau encore à semi liquide.

C’est un sourire chérubin qui dessine malgré tout la courbe de ses lippes lorsqu’elle revient se lover tout contre le jeune homme dans cette attitude acquise depuis longtemps désormais. Une main hisse le drap le long de sa peau, avant de venir apposer la bouteille par-dessus – s’assurant de ne pas le blesser davantage. « T’es bête. » Elle ricane doucement, les pupilles rieuses et quelques éclats taquins en peuplant le fond. « Tu devrais me réveiller quand tu viens. »


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